Comment terminer un roman ? par Atrid Stérin

Alors que tu entames la phase finale de ton premier jet, une question cruciale se pose : Comment terminer un roman ? 

Astrid Stérin répond à cette question. J’ai fait appel à Astrid pour écrire cet article car en plus d’être romancière, Astrid se dédie au soutien des auteurs, pour la partie écriture. Dans cet article, elle t’explique ce qui se passe en toi lorsque tu arrives à la fin de ton futur livre, comment faire pour y remédier et offrir une bonne fin à ton roman. 

Astrid Stérin

Comment terminer un roman ?

Une grande partie des auteurs se lancent dans l’écriture… Mais ne viennent jamais à bout de leur roman. Comment faire pour finir d’écrire un livre sans se décourager en cours de route ? Et mieux encore, comment écrire une bonne fin de roman ?

 

Bonjour ! Je m’appelle Astrid, romancière et consultante en écriture de fiction sur L’Astre et la Plume. J’ai le plaisir de répondre à l’invitation d’Émilie pour vous partager quelques-uns des conseils que je donne aux auteurs que j’accompagne et, en particulier, vous expliquer comment terminer un roman.

Pourquoi est-ce difficile d'écrire la fin d'un récit ?

Les obstacles à l'écriture

Commençons par reconnaître un fait : finir un roman est bien plus difficile que de le commencer. Ce n’est pas pour rien que de nombreux auteurs collectionnent les débuts de manuscrits inachevés.

L’écriture d’un roman est une activité de longue haleine, qui peut s’étendre sur plusieurs mois, voire plusieurs années. Elle demande une énorme quantité de concentration, d’inspiration, de discipline et d’énergie – sans parler du temps qu’il faut pour rédiger des dizaines voire des centaines de milliers de mots. C’est aussi un exercice souvent solitaire, où l’auteur n’a personne avec qui partager son histoire.

Tout au long de ce chemin, l’écrivain a plus d’une occasion de se laisser happer par le doute et de se décourager. En venir à bout requiert un mental fort et une organisation bien rodée.

Un homme tient sa tête pour terminer un roman
Photo de Ketut Subiyanto provenant de Pexels

D’après mon expérience personnelle, il faut aussi avoir une idée assez claire de la fin à laquelle on veut aboutir et, surtout, être satisfait(e) de cette fin.

À l’heure où j’écris cet article, je viens justement de mettre le point final au premier jet de mon troisième roman. Ce premier jet, je l’avais entamé il y a un an et demi et j’y avais travaillé d’arrache-pied pendant trois mois… Avant de me rendre compte que la fin vers laquelle je me dirigeais ne me plaisait pas du tout. J’ai dû me résoudre à abandonner ma première version alors qu’il ne me restait que quelques scènes à rédiger, pour refondre l’intégralité de mon plan et quasiment tout réécrire depuis le début.

Voici donc mon premier conseil : pour terminer l’écriture d’un roman, choisissez bien la fin que vous visez.

Vaincre la peur de la fin

Un autre aspect dont on parle assez peu, c’est la peur que peut éprouver un auteur au moment de finir la rédaction de son roman.

Je parle ici en particulier du moment où on termine la rédaction de son premier jet. Cette étape peut se révéler plus impressionnante qu’on ne le croit. En effet, elle correspond à un passage vers une autre phase : celle des corrections, qui est souvent redoutée.

  • Quand on finit d’écrire son roman, on passe aux choses sérieuses.
  • On met un point final à son histoire, qui est désormais figée, même si elle pourra évoluer marginalement au cours des corrections. On quitte la phase de l’exploration et de la découverte.
  • On est déjà épuisé par tout le travail qu’on vient de fournir, mais on sait qu’on est encore loin du compte.
  • On va devoir relire son manuscrit et se confronter à son pire critique : soi-même.
  • On se rapproche aussi du moment où ce roman devra être lu, soumis à l’œil et au jugement des lecteurs.

Cette peur de la fin est d’autant plus redoutable qu’elle est souvent inconsciente : sans s’en rendre compte, l’auteur qui approche de ses dernières scènes, voire de ses dernières pages, va trouver des façons de procrastiner pour retarder l’échéance. Il met en place des stratégies d’évitement.

Une machine écrire montrer
Photo de Suzy Hazelwood provenant de Pexels

Là encore, j’en suis un parfait exemple. Alors qu’il ne me restait que deux chapitres à écrire, j’ai mis mon manuscrit en pause pour participer à un concours de nouvelles. Néanmoins, je savais vers quel piège je me dirigeais et j’ai fixé des limites : je n’ai consacré qu’une semaine à cette pause.

Pour vaincre cette peur de la fin, il est donc important d’en prendre conscience. Se fixer une date butoir pour terminer son manuscrit (voire l’annoncer publiquement) peut être une bonne façon de se forcer à aller jusqu’au bout.

J’espère que ces premiers conseils vous aideront à dépasser les obstacles psychologiques qui peuvent freiner les auteurs et les empêchent parfois de mettre un point final à leur manuscrit. Voyons maintenant comment écrire une fin de roman qui laissera un souvenir impérissable aux lecteurs.

Les ingrédients d'une bonne fin

Tous les lecteurs ont des sensibilités différentes et ce qui fait une fin réussie pour les uns ne plaira pas forcément aux autres.

Par exemple, je reste généralement sur ma faim face aux romans de la littérature américaine, comme ceux de Paul Auster, qui ne proposent pas de fin très claire et laissent des questions en suspens – mais c’est une question de goût, puisque cet auteur a par ailleurs un très grand succès.

Ces précautions prises, voici les éléments qui constituent selon moi une fin mémorable :

Le fameux cube logique pour terminer un roman
Photo de Miguel Á. Padriñán provenant de Pexels

Une fin logique

Rien de pire qu’un deus ex machina ! Ce mécanisme narratif, qui nous vient du théâtre de la Grèce antique (et n’était déjà pas bien glorieux à l’époque) consiste à faire intervenir une puissance inattendue (ou un gadget) qui sauve la mise du protagoniste à la fin.

Ce procédé peut aussi fonctionner en sens inverse : on parle alors de diabolus ex machina. Dans tous les cas, il est extrêmement frustrant, car il donne la sensation que le protagoniste n’a pas mérité ce qu’il lui arrive, ce qui diminue la portée de tout le récit.

Il est important qu’une fin soit logique et s’inscrive dans la continuité des événements de l’histoire, comme une suite de dominos. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les lecteurs aiment rarement être surpris – ou en tout cas, pas de façon injustifiée. La subtilité consiste à planter des indices en amont qui permettront d’amener un retournement de situation final sans que le lecteur s’y attende, mais de façon tout de même assez notable pour qu’il ait ce sentiment gratifiant de “Aaaah mais oui, c’est vrai !”.

Par exemple, dans Les Deux Tours, de J.R.R. Tolkien, alors qu’Aragorn, Legolas, Gimli et les Rohirrim sont à bout de forces au Gouffre de Helm, Gandalf les rejoint avec une armée. Ce secours in extremis est justifié, car Gandalf était parti quelques temps plus tôt pour rassembler ces guerriers dispersés – mais sans garantie d’y parvenir, ni de revenir à temps pour la bataille.

Une toile d'arraignée et des goutes pour terminer un roman
Photo de Pixabay provenant de Pexels

Une fin structurée

Dans la structure narrative des trois actes, la fin d’une histoire est constituée par une scène de climax suivie d’un dénouement.

Le climax (ou paroxysme) représente l’affrontement ultime entre le protagoniste et l’antagoniste et détermine la victoire définitive de l’un ou de l’autre. C’est une scène intense, haletante, au rythme soutenu et aux émotions fortes. Chacun jette toutes ses forces dans la bataille (qu’elle soit réelle ou symbolique), les enjeux et la tension sont au maximum. Le lecteur ne doit pas pouvoir décrocher du livre tant qu’il n’a pas le fin mot de l’histoire.

Le dénouement, c’est plutôt le calme après la tempête. Tout est joué : il ne reste plus qu’à présenter les conséquences du climax et la situation finale qui s’établit. Pour le protagoniste, qui a été transformé par l’histoire, cette phase peut prendre la forme d’un voyage de retour.

Certains romans font l’impasse sur ce dénouement et se concluent en fanfare juste après le climax, mais je trouve dommage de s’en passer. L’étape du dénouement permet une transition plus en douceur pour le lecteur, lui apporte des réponses à ses questions et un sentiment d’achèvement qui l’aide à refermer le livre pour retrouver le monde réel.

Une jeune femme sourit avec un livre entre les mains pour terminer un roman
Photo de Andrea Piacquadio provenant de Pexels

Une fin satisfaisante

Le rôle de la fin est de tenir toutes les promesses qui ont été faites au lecteur au cours du récit. Que ce soit dans le climax ou le dénouement, le troisième acte d’une histoire a pour mission de conclure toutes les sous-intrigues et de répondre aux questions soulevées.

C’est le principe du “paiement” (ou “payoff” pour les anglo-saxons), qui correspond à une “scène à faire”, comme les appelle Yves Lavandier dans son livre La Dramaturgie. On a vu avec le deus ex machina que les aides qui viennent au secours du héros devaient être préparées en amont. Mais la logique fonctionne aussi dans le sens inverse : les graines qu’on plante doivent produire un résultat, surtout si le lecteur anticipe que ces éléments vont créer du conflit pour les protagonistes.

  • En premier lieu, si le héros de l’histoire avait un objectif initial, le lecteur voudra savoir s’il l’atteint ou non.
  • Si un personnage a été mis en danger, on veut savoir comment il s’en sort.
  • Si les héros ont été séparés au cours des événements, on s’attend à ce qu’ils se rejoignent (pensez à la satisfaction d’assister ENFIN aux retrouvailles des Stark dans Game of Thrones).
  • Si une romance a été installée, on se demande comment elle se termine.
  • S’il y a eu un malentendu, on attend une mise au point.

Ces conclusions sont d’autant plus importantes qu’elles apportent des émotions et un certain plaisir aux lecteurs, l’impression que les choses ont trouvé leur place, que l’ensemble du récit a un sens.

Une main est posée sur des points d'interrogation pour terminer un roman
Photo de Olya Kobruseva provenant de Pexels

Une fin double

La fin d’un récit doit premièrement apporter une conclusion à la quête qui constitue le cœur de l’histoire et répondre à la principale question dramatique : l’Anneau va-t-il être détruit ? Roméo et Juliette pourront-ils vivre heureux ensemble ? Jean Valjean échappera-t-il à Javert ?

Cette quête correspond à l’arc narratif externe, à l’objectif déclaré du héros.

Mais d’autres choses se jouent sous la surface de l’histoire, qui concernent la transformation personnelle du héros, sa capacité à vaincre ses faiblesses (ou non) et à surmonter ses défauts pour devenir une meilleure personne. Cette transformation relève de l’arc interne de l’histoire, qui est intimement lié à l’arc externe : souvent, le héros ne pourra pas atteindre son objectif tant qu’il n’aura pas évolué lui-même (comme c’est le cas dans les récits de passage à l’âge adulte).

La fin de l’histoire doit donc répondre à cette double question : le héros a-t-il obtenu ce qu’il désirait ? Et est-il devenu la personne qu’il devait être ?

Ces deux réponses peuvent très bien diverger : en évoluant, le protagoniste peut se rendre compte que son objectif initial était mal intentionné et y renoncer. Ou à l’inverse, il peut obtenir ce qu’il désire, mais le faire en sacrifiant ses valeurs personnelles.

Emouvante photo de la main d'un bébé est posée sur une main d'adultepour terminer un roman
Photo de Anna Shvets provenant de Pexels

Une fin émouvante

Les dernières pages d’un récit mettent fin, en quelque sorte, à la relation entre l’auteur et son lecteur. Il est donc important de terminer sur une bonne dernière impression (surtout si on souhaite donner envie au lecteur de découvrir ses autres romans).

La fin d’un roman, et en particulier son dénouement, sont donc l’occasion idéale de laisser partir le lecteur sur une dernière émotion, et c’est à l’auteur de choisir ce qu’il veut faire ressentir. Est-ce la joie sans partage d’une réussite totale où tous les personnages obtiennent enfin ce qu’ils méritent ? Ou bien une tragédie cruelle ? Ou encore une fin douce-amère, aux accents réalistes et au goût de compromis ?

Quelle que soit cette émotion, son souvenir s’attardera dans l’esprit du lecteur et c’est peut-être la principale chose qu’il retiendra de votre livre, bien des années après l’avoir lu.

J’espère vous avoir aidé à mieux appréhender la fin de votre roman et vous avoir donné les clés pour construire une fin qui laisse un souvenir durable à vos lecteurs. Si vous avez des questions ou si vous avez besoin d’aide pour construire vos derniers chapitres, n’hésitez pas à me contacter sur Instagram ou à chercher votre bonheur sur mon site !

Astrid Stérin
Merci à Astrid pour ses conseils et ses illustrations concrètes. Rien de tel que notre expérience en tant qu’auteur pour te montrer à quel point nous connaissons ce qui te bloque et comment t’aider à passer à l’étape suivante ! Tu sais maintnant comment terminer un roman. 🙂 
 
Si tu rêves d’écrire un roman dont tu seras fière(e), je t’invite à contacter Astrid. Elle t’aidera à organiser ton écriture et à aller au bout de ton histoire !

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Je te souhaite une bonne fin de roman. 

À bientôt !

Emilie 

Emilie Varrier

Emilie Varrier

Romancière autoéditée, je soutiens les auteurs dans l'autoédition de leurs livres grâce à une méthode unique : la Co-Autoédition. Depuis 2018, mon expérience a renforcé mon savoir-faire et mon expertise de l'autoédition.

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Emilie Varrier

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2 commentaires sur “Comment terminer un roman ? par Atrid Stérin”

  1. Article intéressant et bien écrit dans sa synthèse. Merci à Astrid et Emilie !
    J’ajouterai juste que si l’on prévoit la possibilité d’une suite, certes, le livre (tome 1) doit se suffire en lui-même (il a sa propre fin) mais il doit également être assez ouvert dans sa conclusion. Pareillement aux intrigues et indices dispatchés dans le tome 1 qui trouveront leur final en fin de livre, d’autres indices (secondaires) doivent être semés l’air de rien pour un tome 2 ou X. Cela demande, il est vrai, une vision d’ensemble que l’on a pas toujours dès le stade du premier ouvrage.
    Emmanuel Pezet

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